Un petit monde cruel et imbécile 2.

Après quelques mois, voici mes premières réflexions concernant mon passage comme enseignant dans quelques établissements d'enseignement supérieur privé.

Je me suis posé cette question : qui sont les clients, qui sont les produits ? En effet bien que ces institutions prennent le statut d'association à but non lucratif, elle n'en font pas pour autant un petit chiffre d'affaire. Le plus petit organisme pour lequel je travaillais recevait parfois plus de 400 élèves par jour. La scolarité coûte de 2000 € à 6000 € par an ( parfois beaucoup plus mais il est très difficile d'obtenir des données fiables ). Donc entre 800 000 € et 2 400 000 € sans compter les subventions diverses. A preuve, ces institutions investissent dans l'immobilier !

Donc quels sont les produits ? Tout d'abord, chères élèves qui croyez ou avez cru être les clients, j'ai le regret de vous apprendre que vous étiez les produits. Bien que tout soit fait pour vous faire croire que vous étiez les clients : on vous demande votre avis sur les enseignants, parfois vous participez au frais de scolarité, on vous prospecte, … Si vous n'êtes donc ni le client ni l'outil de production, dans l'affaire vous êtes le produit !

Alors qui est le client ?

Et les enseignants dans tous cela ? Et bien, ce ne sont pas des enseignants mais des « intervenants ». D'ailleurs l'idée qui prévaut est que l'enseignement n'est pas un métier ! L'enseignant qui n'est pas un « ami » est donc sous-payé, mal traité par contrat et par les permanents de l'organisme, il n'y a pas de concertation, il est noté en fonction des retours élèves, il y a peu de concertations, il y a le travail gratuit, etc… Bref, l'enseignant est l'outil de production. Comme parfois il devient difficile de trouver des intervenants qualifiés alors ce sont souvent les permanents de l'association qui s'improvisent enseignants. Avec les conséquences que l'ont imagines...

Une prochaine fois je vous parlerai du « tutorat ». C'est beau !!!!



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